Florette…l’apprentissage de la relation…

Florette, asinerie Badjâne, Cévennes

Bonjour c’est la rentrée de Capterlinstant ! Je vous retrouve avec un grand bonheur car nous allons partager de nouvelles aventures !

J’espère que vous avez bien profité (ou que vous profitez encore) de ce qui au final a été un bel été !

Comme je vous le disais dans mon dernier article (que vous pouvez retrouver ici invitation-au-lacher-prise-estival), cette période a été pour moi une prise de recul…

Cela me donne envie d’en partager avec vous les fruits …vous êtes prêts ?

Vous êtes-vous déjà promenés avec un âne ?

Et bien j’ai fait cette expérience, cet été, avec Florette !….

Florette…une aventure, une expérience…une belle rencontre, un apprentissage de la relation !…

Florette est une magnifique ânesse de 18 ans, vivant dans les Cévennes à l’asinerie Badjâne (www.badjane.fr), pesant 300kg, capable de tirer une charge égale à son poids et de porter sur son dos 40kg, un œil vif, une présence, une force connue d’elle-même et reconnue par l’extérieur….

Une ballade avec un tel âne, c’est l’apprentissage de la patience et du lâcher-prise; ces mots qui reviennent souvent dans le langage du coach 😉 …

L’âne accompagne l’humain pour porter à sa place, l’humain tient la longe et guide l’âne sur le chemin. Seulement voilà, quand l’humain a décidé d’aller là où l’âne n’a pas envie d’aller : inutile de tirer… il est peut-être en train de tester les limites de l’humain, en voulant brouter, il faut alors donner le cadre, imposer le processus fermement; alors l’âne comprend et continue de marcher (pour nous retester un peu plus loin il ne faut pas se leurrer non plus ;-)).

Et puis, si à un moment donné, l’âne ne veut plus du tout avancer : l’observer; ne pas s’énerver; que se passe-t-il ? le bât est-il bien en place ? les insectes sont-ils en train de le titiller ou le piquer ? les oreilles sont-elles dressées ? a-t-il entendu au loin un bruit qui l’inquiète ? être alors à son écoute..tout est ok, le bruit s’est estompé, il repart…ou pas…

Mais alors que se passe-t-il ? Pourquoi « cette bourrique » ne veut-elle plus avancer ? Qu’avons-nous fait ou pas fait ? Il y a toujours une raison surtout si l’animal est un habitué des promeneurs et de la région.

Cette raison encore faut-il en prendre conscience. Car l’erreur c’est d’aller à l’encontre du ressenti de l’animal. Vouloir pour lui. Penser que c’est nous, les humains qui détenons LA vérité; parce que bien-sûr nous ne pouvons pas nous être trompés, d’ailleurs à ce stade cela ne nous vient même pas à l’idée.

Résultat : nous tirons, nous poussons, nous crions, nous essayons d’y aller en force et voulons faire fléchir la bête ! Normal, elle est têtue et ne comprend rien à rien cela va de soi !… Elle doit aller là où nous avons décidé d’aller et c’est comme cela !…jusqu’au moment où : agacés, énervés, fatigués, découragés, nous lâchons prise dans ce rapport de force et là comme par magie, l’âne fait volte-face et part avec allégresse dans le sens opposé !….

Et oui, il savait, lui, que nous étions sur le mauvais chemin. Il avait ressenti, lui, que ce n’était pas juste. Mais nous n’avons pas suffisamment écouter ses ressentis, nous ne nous sommes pas remis en question. Qui finalement est le plus têtu ? L’âne ou l’humain qui croit qu’il a raison, qui croit qu’il sait, qu’il détient LA solution…

Quelle belle analogie avec le coaching. Le coach pose le cadre, tient le processus mais il fait fausse route s’il part avec une intention particulière par rapport à son coaché, s’il n’est pas à l’écoute de son propre ressenti, du ressenti du coaché et de ce qui se passe dans la relation, s’il ne tient pas compte de ce qui est présent, là, dans l’instant.

Merci à Florette pour ce bel apprentissage qui permet même en vacances de prendre conscience une nouvelle fois des éléments basiques d’une relation car il est aussi possible de l’élargir à toutes les relations….

Je vous laisse sur cette pensée et je vous dis à très vite.

Au plaisir de capter votre instant…

Marie Ortoli

  1. J’ai vécu la même aventure il y a bien longtemps sur les chemins escarpés d’Archangelos, joli village de l’Ile de Rhodes en Grèce : elle ne s’appelait pas Florette mais Panayota …
    Merci Marie pour ce si joli article qui nous remet à notre juste place.

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