Qui se cache derrière le masque ?

Sully sur Loire, France

Sully sur Loire, France

Vous connaissez sans doute les injonctions (ou drivers) qui orientent nos comportements et nos décisions. Rappel bref : 

« Fais plaisir » : vous écoutez et suivez les besoins des autres sans écouter vos propres besoins, vous vous dites « il faut aider les autres » : au point de proposer votre aide sans qu’on vous l’ait demandée, vous recherchez l’approbation, vous vous excusez si vous avez une demande à faire….

« Sois parfait » : vous vivez dans le conformisme de ce que « les autres » attendent de vous, vous ne vous autorisez aucune erreur, tout doit être contrôlé jusqu’au moindre détail de sorte à ce que rien ne puisse vous être reproché, d’ailleurs, vous prenez les choses en main comme cela au moins vous serez sûr(e) que ce sera bien fait….

« Fais des efforts » : vous évitez les occasions de détente, quand vous faites quelque chose, vous savez que cela va être dur et que peut-être cela ne vous convient pas mais vous vous dites je vais quand même essayer, il faut faire des efforts pour atteindre un objectif, vous aimez la lutte….

« Sois fort » : vous maîtrisez vos émotions car pleurer est une faiblesse. Voir vos propres faiblesses vous met mal à l’aise car autour de vous il y a peut-être des personnes défaillantes et vous ne pouvez pas l’être vous-même. En cas de problème, vous pensez que ce n’est pas grave car d’autres sont plus malheureux, vous avez du mal avec les lamentations des personnes, vous êtes dans le « Je vais bien tout va bien »….

« Dépêche toi » : vous vous irritez quand les autres sont lents, vous arrivez en retard, vous détestez faire la queue, vous vous reprochez la lenteur de votre travail, vous avez tendance à faire les choses à la dernière minute, le silence vous met mal à l’aise… 

Mais qu’y a-t-il derrière le masque des personnes qui passent leur temps à faire plaisir, qui se veulent irréprochables, qui se doivent d’être fortes et contrôlent tout, qui s’impatientent pour un rien ? 

Quand on s’inhibe, se résigne, se replie, se cache derrière les desirata des autres, non seulement nous nous coupons de nous-mêmes, de nos valeurs, de nos désirs profonds mais nous avons peur du jugement, de nous affirmer, de nous montrer, de déranger, nous compensons par des comportements parfois extrêmes. 

Comme Christopher McCandless dans le magnifique film « Into the Wild » qui, par révolte contre « le Système » alors qu’il est promis à un bel avenir, plaque tout pour vivre l’aventure et la solitude. Son expérience magnifique et tragique, lui permet de comprendre que le « Bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé ». 

La vie, par le biais d’un chaos (accident, rupture affective, maladie, deuil, licenciement, burn out..) nous aide parfois à mettre bas les masques. 

Car sous le masque l’Etre étouffe, il est alors temps de baisser la garde et d’exprimer son véritable « Moi », de réaliser ses rêves les plus inattendus ou les plus fous (pour les autres). 

Pour étoffer ce propos, je vous conseille de regarder l’émission de Jean-Pierre Elkabbach à la Bibiothèque Médicis, sur le thème « Changer de Vie » où vous retrouverez des témoignages entre autres de l’humoriste Carole Vigneaux qui quitte sa robe d’avocate suite au décès de son grand-père pour devenir humoriste et surtout être « elle »; de l’écrivain Guillaume Musso, professeur de sciences économiques qui décide d’aller vers sa passion de l’écriture suite à un grave accident de voiture; de Laure Azéma (Wine Hémisphères Conseil en sommellerie) qui quitte le monde de la finance et de l’industrie car elle en a marre de « jouer le hamster dans sa roue » pour aller vers sa passion du vin qui lui rappelle son grand-père et « les pêches trempées dans le vin rouge ». 

Autant d’histoires qui peuvent peut-être vous faire écho, ou tout simplement vous faire réfléchir et il en existe bien d’autres tout autour de vous. 

Je reprends pour conclure, la fin de l’émission et ce que cite JP Elkabbach :  

« J’ai couru longtemps pour me rattraper. J’avais beau m’essouffler, je n’y arrivais pas. Et puis, un jour, je me suis assis au bord de la route pour m’attendre et, quand je suis passé, j’ai marché sans hâte à côté de moi, du même pas que moi-même. Depuis, je suis très calme ». Claude Roy – Le Rivage des jours

Un partage, un commentaire, une demande : réagissez si vous le ressentez…;-)

 Au plaisir de capter votre instant, 

Marie 

Bibliothèque Médicis: « Changer de Vie »

Bande-annonce du film « Into the Wild » de Sean Penn

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